Quand l'histoire fait le grand écart !
Entre Préhistoire et guerre d'Indochine, la plaine des jarres nous a offert un spectacle émouvant.
Malgré les recherches archéologiques, on ne sait toujours pas à quoi servaient ces immenses jarres taillées dans des blocs de roches monolithiques en calcaire de grès ou granits.
Elles pèsent plus de 500kg, sont cylindriques parfois avec un couvercle.
L'archéologue Française, Madeleine Colani, en 1930, a émis l'hypothèse ( l’unique actuellement ) d'urnes funéraires mais les traces ne sont pas significatives et les datations au carbone 14 des jarres et des ossements ne correspondent pas.
On retrouve de tels pots en Inde (nord) et en Thaïlande (Khorat).
La plaine étant située à un endroit stratégique pour le commerce, les jarres aurait été réutilisé pour du stockage à l’époque des caravanes de sel.
La légende raconte que des géants s'en servaient de verres pour y mettre l'alcool de riz. A la fin de la fête, ils étaient saouls alors ils les ont posés de manière désordonnés.
Pour faire un parallèle contemporain, les cimetières laotiens sont placés en hauteur pour éviter les inondations et l’emplacement de chaque tombe est déterminé par un chaman qui communique avec le défunt par l’intermédiaire d’un œuf que celui-ci lance à plusieurs reprises sur le terrain. Le défunt est enterré où l’œuf se casse. Ceci explique la disposition aléatoire des tombes. C’est également le cas des jarres...
En visitant les différents sites de jarres et en nous promenant dans la ville de Phonsavanh, nous avons pu observer l'omniprésence des bombes : pilotis des maisons, palissades, bacs à fleurs, barbecues, panneaux de signalisation ... ainsi que des trous d'obus.
La "guerre secrète" a eu lieu de 1964 à 1973. Les Américains ont bombardé le Nord et l'Est du Laos à raison d'une bombe toutes les huit minutes en moyenne... Les raisons invoquées sont le délestage des chargements de bombes non utilisées au Vietnam sur le chemin du retour (bases à Ventiane et en Thaïlande) ainsi que la lutte contre le communisme. Mais en fait, il y avait également une raison économique : le trafic d'opium servait à financer cette guerre.
Les USA n'ont jamais reconnu cette guerre donc ils n'ont pas indemnisé le Laos pour sa reconstruction ni son déminage. Des ONG s'occupent de chercher les "UXO" (UnXplosed Ordnances) qui ont déjà fait 50 000 victimes en 40 ans de paix. Mais elles avancent à petits pas et pendant ce temps les Laotiens ne peuvent pas augmenter les surfaces de cultures et souffrent de famine. Pour gagner un peu d'argent, certains fondent les morceaux d'obus pour en faire des objets utiles ou décoratifs.
Nous avons questionné le guide quant au fait que nous n'ayons pas croisé de personnes blessées par les UXO. Et pour cause, ils sont enfermés dans un village au sud de la ville et les étrangers n'ont pas le droit d'y aller.
La guerre secrète n'est vraiment pas terminée...
Nous avons questionné le guide quant au fait que nous n'ayons pas croisé de personnes blessées par les UXO. Et pour cause, ils sont enfermés dans un village au sud de la ville et les étrangers n'ont pas le droit d'y aller.
La guerre secrète n'est vraiment pas terminée...
"MAG" (Mines Advisory Group) est une ONG britannique avec des branches aux USA et en Nouvelle Zélande, qui s'occupe du déminage au Laos.
Elle place des bornes pour indiquer les endroits déminés. Cela forme un chemin par lequel nous pouvons marcher en toute sécurité.
Elle place des bornes pour indiquer les endroits déminés. Cela forme un chemin par lequel nous pouvons marcher en toute sécurité.
| Une équipe de déminage non loin de la route et des habitations. A la fin de la journée, elle a fait exploser les bombes trouvées. Nous avons entendu trois détonations ce jour-là ... |
| Une autre présence de la guerre : les restes d'un char russe. La Russie a aidé ses alliés communistes. Il est au bord de la route, terrain de jeu pour les enfants. |
Nous avons aussi participé aux activités locales et aux festivités du nouvel an Hmong qui continue par ici !
Du patin à roulettes dans un grand hangar près du marché !
Auto-tamponneuses et pétanque ont été bien appréciées des garçons !!!
| Loïs avait bien vu les forêts de sapins ! Il avait même dit que le père Noël pouvait venir !!! Les endroits accueillant des occidentaux ont mis un petit sapin décoré, ici des ballons multicolores ! |
En route pour Viang Xai, fief du communisme lao ... perdu dans les montagnes près de la frontière vietnamienne !
C'est à vélo que nous avons fait la visite des grottes de Viang Xai. Dans ce village, il n'y a pas de reste de bombes apparentes mais une équipe du MAG travaille 5 jours sur 7 depuis 1994 !
Les traces de la guerre se trouvent dans les grottes. Les habitants ont construit des lieux de vie pour se cacher et se protéger des bombes américaines .
En fait, ce sont les chefs de la résistance qui y ont organisé leurs quartiers généraux : salles de réunion, chambres, cuisines. La grotte réservée à l'armée était immense et a contenu 2000 soldats qui s'entrainaient !
Le parti communiste lao est né à cette époque. On peut y voir les livres de Lénine et Staline qu'ont étudiés les leaders lao pendant les neuf ans de guerre.
Il y avait une grotte entièrement destinée à l'hôpital.
Les villageois ont vécu dans les forêts environnantes. Leur vie était rythmé par les bombes qui tombaient la journée. La nuit, ils cultivaient sous les arbres. Ils cuisinaient très tôt le matin et tard le soir pour ne pas se faire voir des aviateurs américains.
| Entre deux grottes, nous avons observé le quotidien des locaux. Ici, le nettoyage du camion dans le gué de la rivière ! |
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